ETRE HANDICAPE A TAHITI

24 mars 2009
par jackbey

Les places réservées ne sont jamais respectées…
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La situation sociale des handicapés  est une indignité en Polynésie française.

Pour un pays dont le PNB par habitant est situé au 37ème rang mondial, la Polynésie française n’a pas, face au handicap, une politique digne d’une société moderne.

La gestion du handicap est traditionnellement déléguée aux associations à vocation caritative et à quelques établissements publics.

Ces derniers représentent autant de chapelles, parfois rivales, toutes inféodées au pouvoir politique qui leurs concède des subventions insignifiantes et clientéliste la plupart du temps.

Dans l’ensemble, ces associations se contentent d’opérations ponctuelles, qui ne débouchent sur aucun projet d’intégration économique et sociale durable.

La dispersion des moyens et l’ absence de consensus pour établir des stratégies à long terme nuisent à la réalisation de projets efficaces.

Actuellement, tous les dispositifs existants se révèlent insuffisants.

ans cette collectivité devenue « pays d’outre mer », les handicapés sont l’objet de considérations diverses mais sans une volonté affirmée de les aider, de les défendre et encore moins de les intégrer.

Il faut se battre contre un système sclérosé, réfractaire à toute évolution.

Le gouvernement local, qui dispose d’un statut d’autonomie très large, décide de tout. Il distribue les subventions, les autorisations, les emplois et gère la Caisse de Prévoyance Sociale. Or c’est de cette CPS que dépend, en majorité, l’aide sociale aux handicapés.

Les lourdeurs administratives freinent, et souvent empêchent la réalisation de projets efficaces.

Alors que les pensions allouées aux Accidents du Travail sont « gelées » depuis 1996, les autres aides financières attribuées aux handicapés sont largement en dessous du minimum acceptable pour survivre dans un pays où le coût de la vie est l’ un des plus élevés du monde…

(Toutes ces prestations devraient être revalorisées par rapport à l’indice officiel des prix de détail à la consommation familiale)

A titre d’exemple, en Polynésie française l’équivalent du SMIC est à 1176 Euros au lieu de 1321 Euros en métropole. L’aide de base Adulte Handicapé, AAH, stagne à 278 Euros ; les aides complémentaires, AC1 = 91 Euros et AC2 = 183Euros.

L’AC1, qui n’est pas soumise aux conditions de revenus, a été retirée récemment à quelques uns sur décision arbitraire de la Caisse de Prévoyance Sociale.

( Une annonce récente du Président SARKOZY parle d’une augmentation de 4,5 % des allocations aux handicapés ; La Polynésie française pourrait s’en inspirer…).

L’état (la France) ne représente qu’une vague autorité « d’arbitrage »sans exercer le contre- pouvoir indispensable qui lui incombe.

Les handicapés de Polynésie française, déçus par les structures existantes, constatent qu’en l’état actuel leurs besoins élémentaires sont loin d’être satisfaits.

Ils sont les victimes d’un pouvoir et d’une administration dirigés par une pseudo élite égocentrique qui ne pense qu’à se servir.

En créant les vraies structures d’intégration qui s’imposent, la Polynésie sortirait de l’archaïsme qui la caractérise encore dans ce domaine et dans sa politique sociale en général donnant ainsi tout son sens au mot “civilisation”.

PS : ( 26 avril 2009)

La CPS ( Caisse de Prévoyance Sociale) , la”SECU” locale, et le gouvernement se sont enfin décidés à accorder la revalorisation des rentes d’accident du travail et des maladies professionnelles à compter du 1er mai 2009 ,aprés 13 ans d’oubli sytématique.( JO du 23 avril 2009 ARRETE n°478 CM) Pourvu qu’ils s’y tiennent malgré la situation économique présente et à venir !!

Jacques BEY-ROZET

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